Antek

Philippe Durand, 2020

Un film réalisé par Philippe Durand

2020
La Photographie…  Parce que chaque matin les sortilèges du vivant sont là qui ont la générosité de se laisser voir par qui le voudra bien… pour partager avec vous ce moment rare de l’instant où derrière l’objectif, le voile s’est entrouvert

Qui était Antoine Tudal ?

À treize ans, Antoine Tudal écrit un recueil de poèmes « Souspente » qui sera illustré par Georges Braque et préfacé par Pierre Reverdy – ouvrage réédité en 2019 aux éditions du Bruit du temps avec un texte original de sa sœur, Anne de Staël.

Quelques années plus tard, à la demande de Nicolas de Staël, il réalise une série de photos du peintre dans son atelier.
« Oscarisé » en 1962 pour le film « Les dimanches de Ville d’Avray », il va collaborer, entre autres, avec Orson Welles, Bertrand Blier et Jacques Prévert.

Remarqué chez Gallimard par Raymond Queneau, il y publiera son premier roman « Tempo ».

Dans les années 90, il se prend de passion pour l’univers du cirque qu’il photographie dans une approche esthétisante plutôt que documentaire.
Par ailleurs, ses recherches photographiques sur la paréidolie du vivant ont créé une vision poétique et complexe du monde, qui nous incite à faire émerger son œuvre auprès du grand public.

Et c’est cet artiste à l’œuvre protéiforme que nous souhaitons mettre en lumière pour le faire découvrir au plus grand nombre.

Fiche technique

Réalisation :
Philippe Durand
Images :
Anaëlle Vanel et Philippe Durand
Montage :
Pauline Ghersi
Musique originale :
Xavier Boussiron
Voix :
Viviane Montagnon
Format :
Vidéo, Super 8, couleur
Durée :
10:09

Galerie photos

Chronique

 » A partir de quel soleil vécu, enfant, au Maroc, né du rêve éblouissant de sa mère, Antek aura installé une chambre noire dans sa vie d’adulte ! De façon à ce qu’il soit le voleur de sa propre lumière en la retenant au fond d’un puits.

Le film de Philippe Durand, s’ouvre sur des plages de nuages qui bordent une mer d’air. Nous ne savons pas encore à quel point ce ciel attisera le feu de « l’inattrapable en corps et en esprit » (1).

Du haut de ce ciel se lève une suite de vues phénoménologiques qui saisissent le poète par la vérité. Vérité ici, faite de deux personnalités qui se rencontrent sans s’être jamais connues et produisent l’étincelle d’une justesse d’intuition de Philippe Durand, nous révélant le lieu secret où le poète a enfoui son soleil d’enfance et comment il l’aura consumé.

Des champs immenses apparaissent, toute lumière éteinte, dans cette ultime minute avant l’aube, ou le coucher du soleil. Des champs de fleurs de pissenlit sur lesquels, il s’agit de retenir son souffle de peur d’en voir fondre le flocon de neige.

L’allégorie d’un cheval dont le galop se prend à la course de la rivière et dans une formidable osmose devient un cheval d’eau.

Le hibou ici est le portrait du poète. Sa tête fait un tour entier sur elle-même pour ne permettre à l’arbre qui l’inscrit aucun angle mort.

La bûche en se consumant laisse apparaître un reptile aux écailles de cendre tirant une langue de braise.

Et puis vient nous surprendre la maison, couleur bistre, comme le sont les photos vieillies. Elle est le présent qui se fane  pendant que les vives couleurs de l’œuvre et des poèmes dits tout au long du film, appartiennent à ce qui s’est glissé hors du temps, on pourrait dire « hors d’eau ». « 
(1) Jeannine Guillou

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Anne de Staël

Anne de Staël est écrivain. Elle est la fille des artistes peintres Jeannine Guillou (1909-1946) et Nicolas de Staël (1914-1955). Elle est également la sœur d’Antoine Tudal dit « Antek ».